Mardi, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué ne pas voir `l`urgence de discuter du programme nucléaire iranien`. La réunion à laquelle devaient participer l`Allemagne, la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine a donc été annulée. Des hauts fonctionnaires des `Six` se sont vus, mercredi à New York, pour tenter de remettre cette réunion sur le calendrier. Bernard Kouchner a indiqué à son homologue russe son souhait de voir se tenir cette rencontre.
Selon un diplomate européen, il ne faut pas voir dans cette affaire `une rupture stratégique de la part de la Russie tout aussi peu désireuse que nous de ne pas voir un Iran nucléarisé à ses frontières`. Pour lui, il s`agirait plutôt d`un `mouvement d`humeur post-géorgien`, voire d`un coup de froid dans les relations entre les chefs de la diplomatie américaine et russe, Condoleezza Rice et Sergueï Lavrov. `C`est toujours comme cela avec les Russes quand on commence à négocier une résolution, elle finit par être adoptée à l`unanimité`, souligne un haut diplomate français.
Même si la crise géorgienne a bien plombé l`at-mosphère, des divergences de fond n`en persistent pas moins entre les Occidentaux, d`une part, les Russes et les Chinois d`autre part, sur l`opportunité d`accroître la pression contre Téhéran.
`Moscou et Pékin sont peu enthousiastes à l`idée de négocier une troisième résolution`, confirme un diplomate français. Même s`ils y consentent, les tractations peuvent durer des semaines ou des mois. La réunion des Six à New York aurait été plus qu`utile pour amorcer un processus qui risque d`être long.
`Une sorte de fatigue et de résignation`
Cette inertie préoccupe les Occidentaux. Pour Frank-Walter Steinmeier, `il n`y a aucun doute que sans cette rencontre, dont nous avons un besoin urgent dans l`état actuel des choses, il sera plus difficile que la nécessaire pression internationale fasse son effet`.
Nicolas Sarkozy s`est montré relativement pessimiste dans ses entretiens à l`ONU, notamment avec le secrétaire général Ban Ki-moon. `Il y a une sorte de fatigue et de résignation de nombreux pays au moment où il ne faudrait pas baisser les bras `, rapporte un de ses collaborateurs à l`Élysée.
Le dernier rapport de l`Agence internationale de l`énergie atomique vient de confirmer l`absence de collaboration de l`Iran. Les Iraniens progressent de toute évidence sur la voie de l`enrichissement de l`uranium. `Une vraie course de vitesse est engagée`, estime-t-on dans l`entourage de Nicolas Sarkozy. `Si l`Iran va au bout de sa logique, Israël réagira. Il faut tout faire pour convaincre Téhéran que l`on est proche d`une zone dangereuse`, ajoute-t-on.
Dans un second revers pour la diplomatie occidentale, les Européens ont dû renoncer, en raison des désaccords avec la Russie, à tenir au plus haut niveau les discussions prévues en octobre à Genève sur le Caucase. Ces discussions n`auront lieu qu`au niveau des experts, une décision qui semble avoir été prise pour éviter d`afficher des désaccords persistants avec la Russie.
le Figaro
Alain Barluet
24/09/2008 ` Mise à jour : 22:45